cochon2

Nombre de messages: 829 Age: 60 Date d'inscription: 11/04/2006
 | Sujet: UN HOMME D'HONNEUR ( ARMAND BELVISI ) (suite et fin) Jeu 20 Avr - 18:47 | |
| Voici donc le témoignage d'un homme fidèle à,son passé et qui parle en écoutant son coeur. - C.R.
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La vue de ce que l'on pourrait prendre pour une croix est l'authentique vue qu'Armand apercevait de sa cellule, ses barreaux étaient aussi sa croix !
-"Je ne peux accepter la thèse d'Agnès au sujet de son père. Son père a eu un engagement politique, il a été le chef des deux attentats dirigés contre le président de la République: celui du 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine et celui du 22 août 1962 au Petit-Clamart. A Pont-sur-Seine, nous avions enterré une bombe de 43 kilog d'explosifs pour pulvériser la voiture dans laquelle le général de Gaulle avait pris place. Pour arrêter un véhicule nous n'aurions pas eu besoin de cette charge. La bombe a été installé pour tuer.
Elle représentait notre espoir, l'espoir d'un pays. Grâce à nous , l'Algérie resterait française! Cet attentat ne pouvait pas rater, pourtant la bombe n'a pas explosé. La personne chargée de sa confection n'avait aucune compétence dans le domaine des explosifs. Seule, son inexpérience est responsable de l'échec.
Pour notre sécurité, nous nous sommes séparés en Espagne où je m'étais réfugié. Le colonel Argoud m'a donné l'ordre de rentrer en métropole.Tixier- Vignancourt m'a fait savoir que Bastien-Thiry, le colonel alias "Germain"souhaitait me rencontrer. J'avais une grande admiration pour Bastien-Thiry et j'étais heureux de le revoir après les évènements de Pont-sur-Seine.
Mort en 1989, l'avocat Jean Louis Tixier-Vignancourt restera dans l'Histoire comme le prête-voix des millions de Français attachés à la terre d'Algérie, des soldats perdus,Piegts, Degueldre, Bastien Thiry et celle des rapatriés. Conçu à partir des archives de la préfecture de Police, agrémenté de lettres inédites, ce récit biographique se lit comme l'aventure, hors du commun d'un homme de droite au XX° siècle. Je lui annonçai que je travaillais avec la Mission III au côté de Canal, dit le Monocle, l'envoyé de Salan. Canal était un industriel établi en Algérie depuis 1940. Victime d'un accident d'automobile, il avait subi l'énucléation de l'oeil gauche, ce qui l'obligeait à porter un monocle. Il me demanda de constituer et de diriger un réseau Action sous le sigle G.C.A. J'appris à Germain que Mission III préparait un second attentat contre le général de Gaulle. Bastien-Thiry fut très intéressé et me demanda d'obtenir une rencontre avec Canal.
Le 24 mars 1962, l'entrevue a eu lieu. Le lendemain, 25 mars 1962, le général Jouhaud était fut arrêté à Oran. Quelques jours plus tard, Germain me contacta. Je le retrouvai Place de l'Odéon pour évaluer les possibilités dont je disposais pour le nouvel attentat. J'avais des explosifs, des armes et des hommes bien décidés. Bastien-Thiry me donna alors rendez-vous le lendemain pour me présenter un officier avec qui je devais travailler. C'est ainsi que je fis la connaissance du lieutenant Alain Bougrenet de la Tocnaye qui venait de s'évader de la Santé. Pour mener à bien cette mission , j'entraînais: Georges Watin, Serge Bernier, les Hongrois: Lajos Marton, Yula Sari, Laslo Varga et Louis de Condé. Bastien-Thiry qui se faisait appeler "Didier" pour cette nouvelle opération nous fit un schéma du commando tel qu'il le concevait.
Le 20, ce fut Marcel Salan, chef suprême de l'O.A.S et son adjoint le capitaine Jean Ferrandi qui furent emmenés, menottés d'Alger à Paris par avion dans une prison parisienne.
Georges Bidaut, prit alors la direction de l' O.A.S comme le général Salan l'avait demandé par une lettre décret. A la suite de ces évènements, Bastien-Thiry accéléra les préparatifs de l'attentat et distribua à chacun son rôle.Canal se fit arrêter déburt mai, par un coup de téléphone anonyme. A partir de là, ne me sentant plus soutenu par le "monocle", mes relations avec La Tocnaye s'envenimèrent. Il souhaitait que je lui remette les armes , ce que je refusais, car elles appartenaient à canal et à Mission III. Nous fixâmes un rendez-vous avec Didier et ce jour là, nous expliquâmes à Bastien-Thiry les raisons de notre "différend", les raisons pour lesquelles nous étions face à face, presque hostiles.
" Personne n'a le droit de décider de quoi que ce soit, trancha le colonel, je suis seul habilité pour juger de la qualité des membres du groupe et Belvisi restera car sans les armes et les hommes de Mission III, nous n'aurions rien pu entreprendre".
Le lendemain , un nouveau rendez-vous fut pris au Métro Convention. Didier était déjà là dans sa 403, avec à ses côtés, La Tocnaye. Plus loin, derrière la station, Serge Bernier et Georges Watin discutaient. Après m'être garé le long du trottoir,je pris place dans la voiture de Bastien-Thiry, la réconcilliation fut scellée entre La Tocnaye et moi.
Avant de regagner mon domicile, je devais passer à la poste. Avisant une place,je fis signe à la voiture qui me suivait de passer, celle-ci ne bougea pas , je compris soudain que j'étais filé par la police. Comment avaient-ils pu me repérer et comment savaient-ils que je viendrais à la poste? Ils n'avaient pas pu me localiser alors que j'étais au rendez-vous de Bastien-Thiry car le groupe avait été arrêté.Alors qui, m'avait donné?
Je devais échapper à la police pour détruire les documents importants qui étaient en ma possession... je me suis élancé dans un slalom effréné à travers la circulation et j'ai brûlé les pièces compromettantes avant qu'on ne m'arrête.
- "Quelle est selon vous, la personne qui vous a trahie?"
En effet, seul Watin avait revendiqué le titre de nouveau chef de la Mission III.", seul, Watin est l'auteur des coups de fil à la police, il est le seul membre de l'O.A.S à n'avoir jamais été arrêté malgré ses traits caractéristiques et sa claudication.Il a négocié un accord avec les autorités françaises et a obtenu des papiers de complaisance dont nul ne sait le prix qu'il aurait dû payer pour les posséder. En exil au Paraguay,il percevait une pension du consulat de France. C'est encore lui qui était à l'origine de l'arrestation de Jo Risa, le chef de Delta I à Alger.
- Etait-ce une barbouze? - Non à mon avis, il a agi par ambition personnelle, pour obtenir un poste de commandement à haut niveau. Il ne souhaitait pas anéantir l'opération. - Quel fut votre sort par la suite? -Je suis resté 6 ans en prison! - Vous avez pris contact avec Présent après la lecture de l'interview d'Agnès de Marnhac Bastien-Thiry, est-ce cet entretien qui a déclenché votre colère ou le livre qu'elle a publié? - Cet entretien n'a fait qu'attiser ma colère, car déjà à Aix en Provence, Agnès avait tenu une conférence de presse dans laquelle elle soutenait une thèse absurde de vengeance post-générationnelle. A cette occasion , elle m'a donné la parole et j'ai déclaré:
Bastien-Thiry était le chef du 1er commando de Pont-sur-Seine et le chef, également du second commando du Petit-Clamart. Bastien-Thiry était engagé politiquement. Pour appartenir à l'O.A.S, il ne fallait pas remplir un bulletin d'adhésion , ni souscrire une cotisation. Les gens qui étaient dans la lignée de l' O.A.S en étaient automatiquement membres. J'ai été très applaudi.
- Quel homme était Bastien-Thiry? Quelles impressions vous a-t_il faites? - Je le savais brillant dans sa carrière professionnelle, d'une conscience irréprochable, d'une très grande intelligence. Il avait un caractère trempé, un jugement droit, il était lucide et d'une extrême fidélité. Nous avons vécu ensemble, près de 6 mois à la Santé. Il était tout d'abord "mon chef". un chef comme je n'en ai jamais rencontré dans ma vie. C'était un grand chrétien, il croyait profondément en Dieu, à la volonté des hommes ,et à la liberté. Il aimait la France par-dessus tout, il défendait les vraies valeurs, il était pur et paisible.
C'est en prison que j'ai senti l'amour profond qu'il portait à sa femme et à ses trois filles. Tout au long de notre détention, grâce à la gentillesse de quelques gardiens, il frappait à la porte de ma cellule et au lieu de nous rendre à la promenade, nous parlions. Un jour, j'ai mis un disque intitulé "Le Petit tambour" et j'ai vu ses yeux s'embuer. Il me lisait assis sur mon lit, les déclarations qu'il avait préparées. Je le mettais parfois en garde contre leur violence, mais cela faisait partie de lui. Il n'admettait pas la moindre concession préférant prendre tous les risques plutôt que d'atténuer ou de diminuer ses pensées... Pas un instant il n'envisageait qu'on allait le condamner à mort. Nous parlions tous deux de cela, longuement et sa certitude me rassurait. Un projet d'évasion avait été préparé avec un hélicoptère de l'armée, nous devions nous évader avec trois autres prisonniers, il a refusé car ilo ne voulait abandonner tous ses compagnons de combat. C'était sa fidélité. je le revis une dernière fois une semaine avant son exécution, il savait qu'il allait mourir en laissant, seules, une femme et trois petites filles. Ce fut peut-être son seul désespoir. Le reste, sa propre mort ne l'effrayait pas. Il mourait pour une cause, pour une certaine idée de la France, trop chevaleresque sans doute aux yeux de certains. Je suis fier d'avoir eu le privilège de servir sous ses ordres, jamais je ne l'oublierai!
Devant l'histoire, devant nos concitoyens et devant nos enfants, nous proclamons notre innocence, car nous n'avons fait que mettre en pratique la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes." Déclaration de Jean Bastien-Thiry le 2 février 1963 11 mars 1963. Jean Bastien -Thiry est fusillé au fort d'Ivry.
- Encore une précision, j'insiste, avez-vous évoqué la possibilté de l'enlèvement de de Gaulle? - Jamais! Jamais! A Pont-sur-Seine et au Petit-Clamart, nous avons reçu l'ordre d'exécuter le général de Gaulle, et c'est le colonel Jean-Bastien-Thiry qui a reçu mission de préparer et de mettre à exécution ces deux attentats. - Vous êtes membre d'honneur du Cercle Bastien-Thiry, quelle est la position d'Hélène Bastien-Thiry (soeur aînée d'Agnès de Marnhac) par rapport aux évènements? -Avant de venir vous voir, je l'ai prévenue, elle m'a simplement déclaré: "Je vous connais, il vous suffit simplement de dire la vérité, rien que la vérité."
-La raison de l'échec de Pont-Sur-Seine est très claire: la personne chargée de la confection de la bombe n'avait aucune compétence dans le domaine des explosifs, et seule, son inexpérience est responsable de l'échec. Les causes de l'échec du Petit-Clamart sont de deux ordres. Premièrement, l'ouverture du feu s'est faite avec 4 à 5 secondes de retard, la voiture présidentielle avait déjà parcouru 300 à 400 mètres, et s'est trouvée de ce fait à quelques mètres des deux tireurs au FM, l'angle de tir avait complètement changé. Deuxièmement, la voiture ID19 dite PC était mal positionnée (dans une rue adjacente, sans aucune visibilité).
-Quelle va être votre position au sein du Cercle Bastien-Thiry?
- Je vais me battre pour les membres du Cercle et pour ceux qui continuent d'honorer la mémoire du colonel Bastien-Thiry. le père de Bastien-Thiry l'a renié, sa fille Agnès , le déshonore et le trahit. je ne renie rien, je ne regrette rien, et je ne renoncerai jamais à saluer la mémoire du Colonel. Jusqu'à la fin de ma vie...
Vous en savez maintenant pas mal sur la vérité d'Armand Belvisi, vous voulez vraiment en savoir plus? C'est sur son livre, que vous découvrirez la totalité de tout ce que l'on a pu vous cacher depuis tant d'années. sur son livre qu'il dédie à tous ses camarades de combat, fusillés, assassinés disparus, à tous ses compatriotes, à tous les fidèles harkis morts, torturés pour avoir cru en la parole de la France..
Vous trouverez ce livre disponible chez l'auteur dont les coordonnées sont sur son site que je vous invite à découvrir
_________________ La vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier.
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