cochon7

  Age : 54 Inscrit le : 03 Déc 2006 Messages : 44
| Sujet: Re: LES FAITS SONT TÊTUS, AU DETOUR DU CHEMIN, LE RETOUR Mar 8 Mai - 4:22 | |
| Ya qua faut qu'on ces gens là sont de vrais cons ( nos politiciens )
Paroles d'experts
D'abord niée, puis devenu phénomène médiatique l'insécurité est aujourd'hui observée par de nombreux spécialistes. Ils peuvent être ancien commissaire, criminologue, professeur à la Sorbonne, sociologue, ils ont tous un avis tranché sur le phénomène des « zones de non-droit » ou des « quartiers en sécession » pour ceux qui préfèrent cette appellation. Sébastian Roché, chercheur au CNRS et professeur à l'IEP de Grenoble donne comme premier adversaire le trafic de drogue :« La consommation de Cannabis n'a pas d'impact sur la santé publique. Seulement, quand elle augmente, les dealers de quartiers s'organisent en filières, et entrent en contact avec des importateurs qui appartiennent à la criminalité organisée. Cela durcit leur comportement : pour 5 grammes de cannabis, personne de prendrait de gros risque, pour 5 kilos , cela vaut le coup d'attaquer un poste de police. » Georges Fenech, lui, ardent défenseur de la tolérance zéro demande d'abord que l'on saisisse la spécificité des ces quartiers où l'uniforme est en danger : « Je ne méconnais pas le phénomène des hooligans ou des skinheads, mais ils n'ont pas la dimension de la violence manifestée, en France, à l'encontre de ceux qui incarnent l'ordre : policiers, pompiers, conducteurs de bus. Quiconque porte un uniforme est ressenti comme un occupant, d'où le phénomène des cités interdites et des zones de non-droit. ». Beaucoup de spécialistes mettent l'accent sur la détermination des politiques et l'exigence de résultats qu'elle doit avoir vis-à-vis de la police. John Mollenkopf qui a participé à la mise en place de la Tolérance Zéro à New York explique un des aspects essentiel de la méthode Giulani: « Tous les mois chaque commissaire est auditionné par le chef de police et son équipe. Debout, devant une barre, comme au tribunal, il doit s'expliquer sur ses résultats. On ne discute pas du bilan des trois mois écoulés, mais de ce qui s'est passé dans les jours précédents. La pression à la performance est très forte. Les abonnés aux mauvais résultats sont évincés. C'est là la clé de la réussite New-Yorkaise ». Olivier Foll, lui, défend cette même détermination en y ajoutant la nécessité d'un travail en commun : « La mise en place de solutions pour lutter contre la criminalité et l'insécurité, quelles qu'elles soient, passe obligatoirement par une ferme volonté politique et par la détermination de l'Etat et ses institutions dans l'application des décisions. A mon sens, les remèdes les plus pertinents à proposer visent quatre objectifs. Tout d'abord les instructions données aux forces de l'ordre doivent être claires et justifiées. Ensuite, il faut mettre en place une politique pénale globale et cohérente, strictement relayée par les parquets. Par ailleurs, apaiser l'institution scolaire s'impose en l'adaptant à la diversité des situations. Enfin, renforcer le rôle des élus locaux me paraît incontournable. » Une coordination des forces que défend aussi Lucienne Bui-Trong : « Il faut aussi que, de leur côté, les institutions apprennent à travailler en partenariat, ce qui suppose ouverture, transversalité, dialogue et capacité d'élaborer des projets communs. Or, la tradition est plutôt à la circulation verticale de l'information, à la spécialisation des taches et au secret professionnel...Mais, compte tenu du terreau social et culturel où elle apparaît, la violence urbaine constitue un problème complexe et délicat. On ne le traitera que si l'on adopte une approche globale. Chacun devra y mettre du sien, car il faut une grande force de conviction pour résister au climat d'animosité que l'on rencontre dans le quotidien ». Xavier Raufer, voit dans l'arrestation du noyau dur délinquant résidant dans les quartiers, l'acte le plus symbolique en même temps que le plus efficace. Dans un texte particulièrement dense, il résume les conséquences directes qu'ont ces « zones de non-droit » et le sentiment d'impunité qu'elles donnent aux bandes qui y vivent. Il en fait le poumon de la violence : « L'écrasante majorité des violences urbaines touche dix-neuf départements de la métropole ; au sein de ceux-ci, une centaine de quartiers hors contrôle. Ces zones de non-droit sont connues mieux, elles sont célèbres. Elles défrayent chaque semaine la chronique : la Rose des vents, les Pyramides, les Tarterêts, le Clos Saint-Lazare, les Bosquets... Un Far West à la française. Le ministère de l'Intérieur en tient la liste, avec nomenclature des « spécialités criminelles » : l'héroïne, les voitures désossées, le cannabis, les squats payants, etc. Dans ces cités sévissent des bandes, agrégées autour de noyaux durs de prédateurs hyperactifs et multirécidivistes. Eux aussi sont tous des célébrités locales. Sur le terrain, policiers et gendarmes en savent la liste par coeur. En avril dernier, un policier de la brigade anti-crime de Béziers (179 véhicules incendiés en 2001, 897 cambriolages) martèle : « On les connaît tous. On a identifié leurs voitures, leurs habitudes, leurs points de chute. ». Insistons : la réalité et la nocivité de ces noyaux durs ne sont pas des fantasmes droitiers. Voyez le rapport « Habiter-cohabiter, la sécurité dans le logement social » (février 2002), commandé par Mme Marie-Noëlle Lienemann, icône de la gauche socialiste, et rédigé par M. Didier Peyrat, naguère membre du Syndicat de la magistrature. Tous les acteurs de terrain le confirment : gardiens d'immeubles HLM, responsables associatifs, travailleurs sociaux. Dans ce rapport, un sondage Ipsos souligne que, pour 74 % des habitants des HLM, « une petite minorité de jeunes sont les auteurs d'une très grande partie des actes déclarés » Dans ces bandes, sévissent des boulimiques de l'agression, comme ce mineur de 16 ans, arrêté en mars dernier dans la cité chaude de la Reynerie à Toulouse et qui avoue 350 vols avec violence en trois mois. Il n'attaquait que des femmes vulnérables. En ses propres termes, « juste des vieilles ou celles qui boitent ». Chaque sac arraché lui rapportait de 10 à 50 €. Usage du butin ? « Se payer des vêtements Lacoste et emmener sa copine au McDo ». Ces bandes sont polycriminelles et parfois proches du terrorisme. En avril dernier, dans un quartier chaud de Lyon, la police démantèle un gang qui, depuis deux ans, volait en Suisse des voitures et scooters, revendus ensuite dans les « marchés aux voleurs » du Rhône. Pour les policiers, « tous avaient déjà un casier judiciaire fourni et connaissaient la loi Guigou sur le bout des doigts ». Cette même bande avait projeté une voiture-bélier en flammes sur une synagogue de Lyon, le 30 mars écoulé. Pourquoi la synagogue ? Bof, la télé, la Palestine, tout ça... D'ordinaire leur façon de s'amuser , les voitures-béliers du gang incendiaient plutôt des gymnases ou des postes de police. Depuis que ces dix individus sont incarcérés et avant que la justice ne les relâche ou qu'une nouvelle bande ne se forme, faute de travail préventif sérieux , le quartier (12 000 habitants) est redevenu paisible. Ces quartiers hors contrôle doivent être pour de bon policés, au sens noble du terme. Ces malfaiteurs chroniques doivent être châtiés par application stricte du Code pénal. Ce, dans le calme, sans brutalité, ni effets de manche le pire serait ici qu'une sorte de Sharon des banlieues multiplie d'inefficaces et contre-productives opérations coup de poing. Dans le calme, disons-nous, mais sans retard. Car, si subsistent les Cours des Miracles des banlieues, si les jeunes prédateurs violents ne sont pas appelés au respect de la loi, les « mieux doués», les plus durs d'entre eux passeront en force à la première division du crime : le grand banditisme. Cette évolution est en cours. Les « beaux mecs » de 2010 sont déjà en préqualification dans les quartiers chauds. Il est du devoir d'un criminologue, qui les rencontre parfois en liberté sur « leurs » territoires, d'assurer les pouvoirs publics que la communication officielle n'impressionne pas du tout ces jeunes truands. Ils considèrent, aujourd'hui encore, la police et la justice comme « des bouffons ». Il n'est que temps de les rappeler fermement à l'ordre. » Il y a quelques années, deux « zones de non-droit » s'étaient développées à La Haye. Quarante policiers y ont patrouillé jour et nuit jusqu'à ce que l'ordre revienne. " S'il avait fallu mettre cent policiers, nous l'aurions fait, déclare M. Dreyssen, chef de la police à La Haye. Quand un problème survient il faut agir tout de suite(...) rétablir la confiance, montrer que la police est là, au service des citoyens." Laurent Davenas, procureur, ne croit pas à cette solution uniquement policière : « Ce n'est pas en bouclant une cité avec des CRS transformés en « ninjas » que l'on garantit le mieux la paix publique. Nombre de policiers l'admettent, qui confessent leur gêne, leur peur même, quand ils approchent ces gamins en jacquerie qui, bien souvent, ont l'âge de leurs propres enfants. On le sait, pourquoi le taire ? Statique et massive, la police ne fait que fortifier le ghetto ». Sophie Body Gendrot, dans cette même ligne s'inquiète de décisions policières qui pourraient accentuer le sentiment de révolte de ces quartiers. Elle voit dans la violence qui y règne d'abord un moyen d'expression : « les adolescents ont compris que les émeutes et les intimidations sont payantes : quelques voitures brûlées devant les caméras de télévision attirent plus l'attention que tous les rapports d'experts. S'opposer aux symboles d'autorité, c'est exister et retourner la violence d'une société qui exclut. Il suffit de casser pour devenir visible et entrer rapidement dans le jeu politique. Ce sont les plus entreprenants, ceux qui ne veulent pas sombrer dans l'exclusion qui s'expriment par la violence. (...) Ceux qui ne se battent plus sont déjà endormis devant leur télévision à longueur de journée, prisonniers de la « défonce » ou passés dans l'économie parallèle. » Laurent Muchielli s'élève lui contre les « visions policières » de ces quartiers et de la délinquance en générale. « Je crois qu'il ne suffit pas de dire ce qui est pourtant la pure vérité, à savoir que l'augmentation de la délinquance n'est qu'un symptôme de crises générales ( crise du salariat, crise des systèmes moraux traditionnels, redéveloppement des inégalités sociales et générationnelles, ghettoïsation de certains quartiers, inquiétudes généralisées face à l'avenir, etc..) que traverse la société française. Cela ne suffit pas car, de l'autre côté , on pourra toujours s'entendre répondre quelque chose du genre : « Vous avez peut-être raison, mais en attendant il faut bien traiter les problèmes concrets et nous les connaissons bien alors laissez-nous faire notre travail de maintien de l'ordre. Par conséquent ( cela vaut d'abord pour les intellectuels mais aussi en l'occurrence pour de nombreux syndicalistes), il faut être suffisamment lucide pour ne pas s'installer confortablement dans une position de refus-retrait en rejetant en bloc le dialogue institutionnel, en menaçant de bloquer autant qu'on le peut tel ou tel fonctionnement. Pour caricaturer un peu les choses je dirais que faire la grève n'a de sens que si cela a pour but d'ouvrir un dialogue jusqu'alors refusé et de se faire reconnaître comme acteur à part entière d'un problème, mais cela ne sert pas à grand chose sur le fond si cela vise simplement à exprimer son désaccord avec une politique. Je crois qu'il faut sortir de la position « résistancielle », être davantage conquérant en opposant à la vision sécuritaire des problèmes une autre vision globale ( avec elle aussi ses principe, ses diagnostics et ses remèdes) articulée autour du concept de prévention. » Alain Bauer, professeur à la Sorbonne et président d'une société de conseil en sûreté urbaine, voudrait qu'avant tout l'on fasse le meilleur diagnostic possible pour éviter les remèdes simplificateurs et extrémistes tout comme les explications angélistes : « L'insécurité existe, elle se développe, elle change de nature. L'augmentation massive des violences contre les personnes, la transformation d'une délinquance contre les biens vers les agressions physiques, génère une demande sociale de sécurité plus forte que jamais. Le retour de la violence structure le renversement des priorités des électeurs et l'apparition de la sécurité au premier rang de leurs préoccupations. Le réel vécu par les habitants, qui n'a qu'une lointaine relation avec le réel connu des services de police, révélé par des statistiques incertaines, doit enfin être pris en considération. Tout miser sur la prévention sociale, alors même que le lien entre délinquance et chômage est loin d'être établi mécaniquement, viserait à nier l'existence de phénomènes criminels qui ne sont pas des actes militants. Tout miser sur la répression, sans chercher à comprendre l'acte, créerait les conditions d'une société répressive sans âme ni conscience. La violence en France est le plus souvent communautarisée. Les victimes et les auteurs se ressemblent, viennent des mêmes quartiers, appartiennent au même milieu social. Ne pas reconnaître l'insécurité comme une autre injustice sociale crée les conditions d'un basculement, au mieux vers l'abstention, au pire vers les extrêmes. » |
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